• Auteur:

    ddkabylie

Quand La paix s’éloigne, de Moumouh Icheboudène

Posté par ddkabylie le 28 avril 2010

Quand La paix s’éloigne, de Moumouh Icheboudène
Au-delà des mots, la mémoire !

Plein d’enseignements et de vérité, Quand la paix s’éloigne est ce travail de mémoire présenté en forme littéraire, qui attire plus qu’il dissuade. L’auteur en féru de l’œuvre de Feraoun, lui rend hommage, en le plaçant dans un boulevard qui sera le lieu de rencontre.

Edité au compte d’auteur afin de connaître « Le parcours du combattant d’un écrivain débutant », souligne l’auteur, Quand la paix s’éloigne de Moumouh Icheboudène est ce retour vers des années marquées par son lot de terreur, de haine et de peur qu’on voulait imposer au pays.
C’est un regard expressif et animé sur cette période. L’auteur marque de son empreinte et avec ses propres convictions, une histoire qui décrit en des termes savamment choisis, les horreurs commises par le terrorisme. « Le langage des fleurs y était à mille lieux des barbares. C’est le genre de vie qui n’était pas prévu… « , lit-on en page 42 de la première nouvelle. Avec ce dialogue « interne » du héros, qui, plus explicite, donne une vision simple, sans se soucier des autres angles de son projet et celui des bourreaux qui ont fait de sa vie un cauchemar.
Les deux nouvelles, même si elles évoquent chacune de son côté des facettes différentes de la vie, mais il n’en demeure pas moins que la portée symbolique des deux nouvelles résument deux périodes de la vie. La nouvelle est présentée en deux chapitres.  
Ces deux nouvelles concoctées justement pour apporter un regard d’écrivain sur une période sombre de notre histoire récente, mêlent, dans un langage narratif approprié, la témérité du héros, présenté, à juste titre, comme médecin à 24 ans, et une force « de mal » s’attaquant à tout signe de liberté. Avec ce « statut social », donc le médecin est mis ainsi, en opposition aux hordes terroristes. Ce même héros, Youcef, sera, kidnappé par ces terroristes qui lui feront subir toutes les atrocités. Dans toute l’histoire qui oppose intellectuels, journalistes, militants progressistes aux fanatiques, l’auteur orne le texte d’une histoire d’amour qui finira par chagriner Youcef. Au fait, sa dulcinée a décidé de lui faire faux-bond alors qu’il était en captivité. Le récit plein d’images romanesques, présentées et organisées dans un style de narration qui se lit aisément, donne cette impression de ne pas vouloir achever la lecture. Des histoires attirantes dans la mesure où elles relatent dans le détail une histoire circonscrite dans une période récemment vécue.
 Les personnages de la première nouvelle, choisis par ailleurs, sur le volet, présentent aussi une frange de la société portée, contrairement aux hordes terroristes, sur l’évolution, les droits et les libertés.     
L’auteur qui a choisi de narrer ces histoires qui, par ailleurs, ne sont pas éponymes, retrace le parcours du jeune Youcef, qui se heurta à la réalité du projet intégriste. L’auteur présente ses nouvelles sous forme de tableaux défilant tour à tour, sans se perdre dans les méandres de l’expectative. Elles se succèdent de telle manière qu’elles attirent les lecteurs vers des images façonnées sous forme d’une Tamachahut, dont l’auteur aime à répéter qu’il a hérité des Timuchuha de sa grand-mère, dont le style de narration lui tient à cœur. Tel un poème que l’on fredonne, les différents épisodes de l’histoire se succédant sans heurt, et surtout sans faire perdre au tableau antérieur sa portée au texte.
Plein d’enseignements et de vérité, Quand la paix s’éloigne est ce travail de mémoire présenté en forme littéraire, qui attire plus qu’il dissuade. L’auteur en féru de l’œuvre de Feraoun, lui rend hommage, en le plaçant dans un boulevard qui sera le lieu de rencontre.

Témérité et exil

Les déconvenues de Youcef n’en finissent pas pour autant. Même s’il a retrouvé le cours d’une vie normale, après la rencontre des M’lih, qui le prennent en charge et le mariage avec Warda, la fille unique des M’lih, sous l’insistance de Nardjas et Mlle Saliha. Youcef, en rescapé, se retrouvera dans une autre impasse. Après une intervention dans la presse à propos des terroristes, Youcef sera de nouveau, la cible de ces assassins. « Pourquoi la paix s’éloigne ? » Se demande Warda, qui était, dans un passé récent, reine chez elle ; le temps en a décidé, elle quitte le pays avec Youcef, pour une autre aventure en France. Là-bas, d’autres formes de persécutions au pays « des droits de l’Homme ».
De retour au pays après un semblant d’accalmie, Youcef retrouve son emploi, sa famille et ses amis. La nouvelle relate une vie pleine d’expériences et de courage.
« Au-delà de l’apparence », la deuxième nouvelle ficelée sous forme d’aventure. Elle cerne, contrairement à la première nouvelle, les étapes d’apprentissage de la vie. Fatiha, l’héroïne de l’histoire, ne comprendra pas comment le temps fera en sorte qu’elle se retrouve aux côtés de Yazid, alors qu’elle songeait à autre chose. Même si elle avait rencontré le fils d’un grand médecin, les choses feront en sorte, qu’elle change d’avis et apprenne surtout…à vivre.
« Quand la paix s’éloigne » de Moumouh Icheboudène est ce mélange de verve, de mots et d’idées qui foisonnent dans un ensemble littéraire doux et apprécié. Pour cet auteur, le mot qui est cette manière de dire beaucoup de choses I’habite, lui, le poète incognito. Il est sur d’autres projets littéraires, y compris en kabyle.

Mohamed Mouloudj

Laisser un commentaire

 

Notre mariage - Il nostro m... |
CANTERBURY T@LES |
cigales2010 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Millenium Development Goal
| Blog du niveau intermédiaire
| Gregmontres