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Randonnée sur les eaux de Kabylie

Posté par ddkabylie le 28 avril 2010

Barrages, lacs, sources hydriques, thermes et mythologie de l’eau
Randonnée sur les eaux de Kabylie

En 2010, les photos satellites du territoire kabyle sont embellies de quatre lacs artificiels. Ce sont les plans d’eau des quatre barrages hydrauliques construits entre 2005 et 2008. Deux, sur les piémonts nord et sud du Djurdjura (Taksebt, à Tizi Ouzou, et Tilesdit, à Bouira), un sur le piémont des Bibans (Tichy Haf, à Béjaïa) et le quatrième sur le moyen Isser (Koudiat Acerdoune, dans la daïra de Lakhdaria). Ce dernier, avec sa capacité de rétention de 640 millions de mètres cubes d’eau- son remplissage intégral est prévu pour l’hiver prochain (2010-2011)- prend les allures d’une mer intérieure comprise entre les villes de Lakhdaria et Tablat.

Par Amar Naït Messaoud

Des habitants de la Kabylie intérieure et de la périphérie ont commencé depuis les trois dernières années à sentir un léger ‘’changement climatique’’ caractérisé par une humidité inhabituellement ment élevée, particulièrement en été. En hiver, se sont des couloirs de brouillard qui moutonnent le long des vallées rendant la visibilité presque nulle sur certains axes routiers. Cependant, cette abondance d’eau mobilisés dans les ouvrages hydrauliques constitue une belle revanche sur une histoire faite de déche et de sécheresse dans une région que la nature a pourtant bien destinée à vivre de son eau.
En effet, quel étrange paradoxe que la Kabylie a vécu pendant plus de quarante ans après l’Indépendance du fait de la rareté de l’eau et d’un potentiel hydrique sans commune mesure à l’échelle du pays. C’est à une véritable révolution hydraulique que l’on assiste au vu du nombre de villages- des centaines de milliers de foyers-qui seront desservis par les barrages de Taksebt, Tichy Haf, Tilesdit et Koudiat Acerdoune dans le quadrilatère allant d’Alger à Béjaïa et de Tizi Ouzou à Boughezoul-M’Sila.

 Plus d’un milliard de M3 en 2011
 
Il faudrait peut-être rappeler que la géographie physique de la Kabylie nous apprend que ce territoire est un véritable château d’eau. Située dans un étage bioclimatique majoritairement humide et sub-humide, la Kabylie possède un bassin de réception des eaux qui va du majestueux Assif Agrioun(Kherrata-Souk El Tenine) jusqu’à Tagdempt( embouchure du Sebaou à Dellys) en passant par le volumineux Isser ; soit une moyenne annuelle de 900 à 1200 mm de pluies. Ses potentialités hydriques, longtemps sous-exploitées, commencent à peine à être dévoilées depuis les derniers programmes de développement du secteur. A elles seules, les eaux superficielles susceptibles d’être mobilisées sur les cours d’eau sous forme de barrages et de retenues dépassent largement le volume de 2 milliards de m3. Cependant, la vérité est que jusqu’à ces dernières années, le spectacle des enfants et des femmes portant des jerricans ou les faisant transporter par des bêtes de somme n’est pas rare sur les pitons de nos villages et hameaux. Pour le développement de l’agriculture en irrigué, c’est un luxe qui ne pouvait même pas se concevoir. Le mystère de l’échec en matière de planification et de gestion de l’économie de l’eau est un secret de Polichinelle fait d’incompétence, d’un étrange déficit du sens de la prospective et d’un esprit stupidement rentier.
On a eu même à vivre, pendant l’été 2002 une déplaisante ironie qui a voulu que l’Algérie ait envisagé d’importer de l’eau à partir de Marseille par le moyen de bateaux-citernes avant que le Ministère des ressources en eau se résolve à établir un programme de dessalement de l’eau de mer par unités monoblocs éparpillées sur les principales villes côtières du pays. On a quelque peu tendance à oublier ces mesures extrêmes prises par les pouvoirs publics dans un moment de panique causée par l’une des plus grandes sécheresses de l’époque contemporaine.
En tous cas, les premiers barrages initiés dans la région- et qui, certes, ont tardé à voir le jour- constituent une première réponse au défi d’une économie qui ambitionne d’être à la hauteur d’une population attachée à sa terre et vivant du labeur quotidien devenu sa seconde nature.
Au seul barrage hérité de la colonisation (Ighil Temda, à Kherrata), sont venus s’ajouter trois grands ouvrages au cours des cinq dernières années. D’utres projets existent. Ils sont à la phase d’études, particulièrement dans la wilaya de Tizi Ouzou.
Le volume d’eau qui sera mobilisé dans les barrages de Kabylie d’ici 2011 dépassera largement un milliard de mètres cubes.  Vivre dans le stress de la pénurie d’eau n’est pas une fatalité. La gestion moderne de l’eau- dont doivent bénéficier les foyers, l’industrie et l’agriculture- permet de ‘’domestiquer’’ une sécheresse sporadique ou cyclique pour peu que le sens des responsabilités, le souci de l’aménagement du territoire, l’innovation technologique -qui suppose le recyclage des eaux-, et le réflexe prospectif l’emportent sur la navigation à vue et la gestion à vau-l’eau pratiquées jusqu’à un passé récent.

  Mythologie de l’eau
 
L’eau fait partie des quatre éléments fixés depuis la plus haute Antiquité par la sapience humaine : la terre, l’air, le feu et l’eau. Le corps des êtres vivants est constitué à 70% d’eau. La surface de la planète Terre est, elle aussi, inondée dans les mêmes proportions.  L’historien Hérodote a dit que l’Égypte serait une simple masse de sable désertique sans la bénédiction du Nil.  C’est pourquoi, dès le commencement de la vie, l’eau a été appréciée à sa juste valeur comme élément vital irremplaçable. Elle a été vénérée même dans les contrées où elle surabonde à l’exemple de la Scandinavie. Dans ces terres nordiques ont eu lieu les premières recherches qui ont abouti au recyclage des eaux industrielles et domestiques.
Dans les pays méditerranéens, les pays du Croissant fertile (Sumer et Babylone) et dans l’Amérique précolombienne, les peuples ont consacré à l’eau des divinités auxquelles sont prêtés des sentiments, des humeurs et des volontés. Pour obtenir de l’eau dans les moments de sécheresse et de disette, il est fait appel à ces dieux pour lesquels on fait des immolations, des parades nuptiales ou des rites magiques. Dans l’ensemble, ce sont des cérémonies propitiatoires, destinées à amadouer le dieu, à apaiser sa colère et solliciter sa générosité qui finit presque toujours par se délier par l’arrivée de la manne du ciel.
Dans la civilisation des Mayas, le dieu de la pluie et de la fécondité s’appelait Chac.
Les Aztèques, eux, sont connus pour la mythologie dont ils entourent Tlaloc, le dieu de la pluie. C’est le huitième maître des jours et le neuvième seigneur des nuits. Il demeure au sommet de la montagne et on lui sacrifiait des enfants au 1e et au 3e mois de l’année. Les Aztèques se baignaient dans un lac et se mettaient à imiter les gazouillis des oiseaux. Ils utilisaient des cloches de brouillard pour obtenir de la pluie. Tlaloc était aussi vénéré que redouté. Parfois, dans sa générosité débordante, il lance sur la terre tempêtes, torrents et foudre ; et, dans ses moments de colère vindicative, il fait régner la sécheresse.
Dans le mithraïsme, une religion ancienne de l’aire civilisationnelle indo-iranienne, Soma représentait la divinité de la pluie fécondante qui tombe de la lune.
Les Naïades de la Grèce antique sont des nymphes gardant les ruisseaux, les rivières et les fontaines.
Habitant les versants escarpés du Djurdjura, des Bibans et des Babors, les Kabyles ont une relation viscérale, intime, voire mythique avec l’eau. Ils ont su, très tôt, dompter la nature hostile pour en faire un joyau. Des torrents de montagnes furent domestiqués jusqu’à en faire une énergie mécanique qui faisait fonctionner les huileries et les meuneries. Des mares d’eau, avec les canalisations nécessaires, ont été aménagées pour irriguer des jardins et des vergers avec un sens d’organisation extraordinaire qui n’a son pareil qu’au niveau des foggaras du Sahara. Dans les hameaux et les villages, les sources ont été captées pour en faire des fontaines familiales ou publiques où- images d’un romantisme secret et merveilleux- viennent puiser l’eau les femmes et les jeunes filles avec des amphores en poterie locale. Le paysan de Kabylie a aussi aménagé pour son cheptel vasques et abreuvoirs attenants à la fontaine ou retirés dans un autre emplacement.
Lorsque, par une saison exceptionnelle, le ciel se fait parcimonieux, et lorsque toutes les autres solutions auront été épuisées (rationnement, réorganisation des rotations d’irrigation, apport des fourrages secs pour le bétail), les petits et les grands sortent dans une grande aire, puis avancent dans les champs en appelant Anzar, dieu berbère de la pluie, au secours au cours de cérémonies rituelles aussi solennelles et sacrées que festives.
 
Les eaux fougueuses de la  Source noire
 
S’il y a bien un site qui confirme l’affirmation qui dit que ‘’le Djurdjura est un château d’eau naturel’’ c’est bien Laînser Aberkan (La Source Noire), située sur le versant sud de la chaîne de montagne kabyle, dans la commune de Saharidj. Elle est la troisième grande source qui sort des entrailles de cette montagne à côté de la Source d’Ath Ouabane et de celle d’Agouni Gueghrane, sur le versant nord, dans la wilaya de Tizi Ouzou.
Ce patrimoine hydrique est l’une des rares merveilles dont la nature a doté la wilaya de Bouira. En effet, comme résurgence naturelle que les hommes n’ont qu’à bien exploiter pour servir la communauté, il n’en existe à Bouira que de rares spécimens que nous avons aussi rencontré à Dechmia (source de Sidi Brada) et Taguedite (source de Aïn Ghorab). D’autres sources de moindre importance parsèment bien sûr le territoire, à l’exemple de Aïn Zebda (Aghbalou). Mais, la qualité irréprochable de l’eau de la Source Noire et son débit unique sur tout le territoire de la wilaya font de ce don de la nature une convoitise de toutes les régions limitrophes pour s’en approvisionner et de certains investisseurs en eaux minérales, comme le groupe Cevital, pour l’exploiter.
Dans la haute saison pluviale, entre novembre et avril, le débit de cette source tourne autour de 170 litres par seconde. En saison sèche, le débit ne régresse que de quelques litres. Mieux, un jaugeage du débit effectué en plein été, juillet 2003, donne 170 l/s.
Laînser Aberkan est situé au pied du pic de Lalla Kehdidja. Son point de résurgence est à une altitude de 1200 m, entre le village de M’zarir (Imesdourar) et les maquis de chêne vert du canton Timerkoumine relevant du parc National du Djurdjura. Il constitue un prolongement de la confluence d’Ighzer n’Tizi Kouilal avec Tassift Azrou Bou Djane. C’est l’une des résurgences les plus connues du réseau souterrain caractérisant le relief karstique du Djurdjura. La grande majorité des couches géologiques de la chaîne de montagne remonte aux étages du trias et du jurassique (plus de 160 millions d’années).
Dès que les masses calcaires se trouvent en saillie au-dessus du niveau des rivières principales, les eaux de pluie s’infiltrent en profondeur. Elles taraudent les masses calcaires en utilisant les zones de faiblesse appelées diaclases. Elles élargissent ces joints en organisant un véritable réseau souterrain comportant des puits verticaux qui crèvent la surface du plateau de gouffres profonds appelés avens (comme celui d’Assoual) et de multiples galeries qui s’agrandissent en vastes cavernes reliées par des boyaux étranglés. Ces cavernes, qui prennent parfois des dimensions énormes (à l’exemple de la Grotte du Macchabée de Aïn El Hammam), sont splendidement ornées par des dépôts de carbonate de chaux, concrétions calcaires qui pendent des plafonds des grottes (stalactites) ou montent du sol (stalagmites). Ce réseau souterrain s’établit de plus en plus profondément à mesure calcaire est mise en saillie et que les vallées principales se creusent.
Les eaux infiltrées dans la masse calcaires se rassemblent en véritables cours souterrains qui creusent leur lit comme le feraient des rivières superficielles, travaillent à réduire les ruptures de pente (cascades) et s’étalent en lacs. Au-dessus, elles circulent sous pression dans les chenaux qui sont tous saturés, et finalement toute la base de la masse calcaire imbibée d’eau devient imperméable. Les eaux ressortent en grosses sources appelées résurgences.
La résurgence de Laînser Aberkane alimente une grande partie des villages de la daïra de M’chedallalh situés en aval. Elle est appelée à alimenter également d’autres hameaux et villages de la vallée du Sahel et servira de jonction pour les deux barrages situés sur ce linéaire (Tilesdit et Tichy Haf).
 
Tamda Ugelmim ou le souffle des altitudes

Il figure sur les cartes d’Etat-major des armées depuis le 19e siècle et est parfaitement visible sur les photos-satellites (Google-earth et autres dispositifs), mais il demeure médiatiquement peu promu. Le lac Goulmim est l’un des les sites les plus curieux de la chaîne du Djurdjura. Il mérite une attention et un intérêt accrus du fait qu’il est l’unique lac de montagne connu en Afrique du Nord et qu’il constitue, de ce fait, un merveille de la nature faisant partie d’un grand ensemble géomorphologique et écologique où se mêlent la curiosité scientifique et l’évasion touristique.
Un lac sur un sommet de montagne, ce n’est certainement pas ce qu’il y a de plus courant en Algérie et même de par le monde.
Situé à califourchon entre la wilaya de Bouira et la wilaya de Tizi Ouzou, ce monument de la nature appartient réellement au bassin versant d’Assif Assouki , qui passe en contrebas d’Agouni Gueghrane. Il trône à 1660 m d’altitude avec une cuvette d’environ quatre hectares. C’est une dépression limitée par trois sommets assis sur des lignes de partage des eaux :Tizi n’Cennad, à l’est (1950 m), Tizi Taboualt, à l’ouest (1900 m) et Tizi Goulmim, au sud (2000 m).
La dépression de Tamda Ugelmim résulte d’un travail géologique fort complexe associant les mouvements de la dynamique interne de la terre (orogenèse et plissements) et les phénomènes karstiques propres aux reliefs calcaires faisant intervenir un processus chimique.
La cuvette semi-fermée du lac s’ouvre légèrement vers le nord pour laisser le trop plein d’eau se déverser dans Assif Assouki. C’est une plate-forme dont les limites sont des falaises qui dessinent une véritable reculée. Spacieuse, pittoresque et envoûtante, cette place est, en été, la destination privilégiée des jeunes d’Ath R’Guène, des Ath Bouadou et des autres villages du piémont pour un bivouac naturel ou pour une partie de football.
Le pèlerinage et les randonnées commencent généralement au début de l’été lorsque les grosses congères  auront fondu. Il ne reste alors que de petits amas   de neige lovés dans les recoins et les échancrures du site. Pour s’y rendre, les jeunes d’Aït El Mansour, Aït Djamaâ, Aït Khalfa, Ibadissen,…doivent emprunter des chemins pédestres, montueux, cahoteux et éreintants. C’est une petite partie d’alpinisme avant d’accéder à la plaine sacrée de la haute montagne qui nous hèle à partir de son balcon perché à presque 1700 m d’altitude.
Les bivouacs qui s’organisent sur ces lieux s’étalent sur plusieurs jours. Pauvre est certainement celui qui n’a pas pris part à l’une de ces agapes où l’on égorge et rôtit un chevreau offert par un berger. Le pauvre cabri s’est renversé d’une falaise, fait le tonneau et sortit avec plusieurs fractures. Pour ne pas perdre gratuitement la bête, le berger l’offre volontiers aux randonneurs et vacanciers qui, dans une liesse collective, n’en font qu’une bouchée.
Le seul accès plus ou moins ‘’viabilisé’’ vers le lac Goulmim est la piste qui vient de Tikjda, dans le territoire de la wilaya de Bouira. Cette vieille piste tortueuse et fortement rocailleuse prend naissance à l’extrémité ouest de la forêt de Tigounatine, en amont de Assif n’Tinzer. Elle dessine des angles aigus en fer à cheval que seul un véhicule tout terrain peut franchir avec, bien sûr, la gymnastique d’usage.
Nous sommes à Tizi Boualma (appelée aussi Tizi Timedouine), à 1700 m d’altitude. Le chemin monte jusqu’à Tizi n’Tit n’Tserdount (‘’col de l’œil de la mule’’), à l’ombre d’un pic de 2126 m d’altitude. Ici, c’est un chemin pédestre qui évite les contorsions de la piste qui passe par Tizi n’Cennad. Arrivés à hauteur du lac, nous sommes happés par un saisissement presque surnaturel à la vue d’un panorama qui n’a pas son égal ailleurs.
La fente nord de la dépression par où s’échappent les eaux excédentaires s’offre à la vue comme un véritable belvédère qui ouvre le champ sur la perle des villages du piémont et des vallées : Agouni Gueghrane, à l’est, jusqu’à Aït Djemaâ et Thakharradjit,à l’ouest.
En l’absence de bergers et de visiteurs, l’oreille du solitaire devient hypersensible à cette brise permanente, parfois atone et d’autres fois sifflante, qui se faufile entre les rocs, pénètre dans les anfractuosités et les méandres des talwegs descendants, caresse les pitons et les quelques houppiers ballants de cèdre disséminés à l’horizon. La brise finit par se perdre dans les hauteurs éthérées pour être relayée, sur les pelouses avoisinantes, par les beuglements de vaches et de bœufs sortis de quelque monticule ou vallon où ils paissaient dans un silence religieux.

Les thermes bénites de Sidi Yahia

Depuis les dernières transformations géologiques subies par la terre au quaternaire, la nature a doté l’Algérie de plusieurs dizaines de sources thermales réparties sur l’ensemble de son territoire. Les vertus thérapeutiques de ces eaux ont été mises à l’épreuve au fur et à mesure que s’accroissait l’intérêt récréatif et ludique pour ces sources. De même, des preuves matérielles existent sur les aménagements que ces sources ont reçus depuis la, plus haute antiquité. Les Romains et les Byzantins y ont apporté leur touche selon les schémas des thermes de la péninsule italienne et de Byzance. Les Turcs ont développé en Algérie l’art des hammams au point d’en faire une véritable culture. Des reproductions artificielles ont été effectuées pour rapprocher les thermes des citadins et surtout des citadines.
Tout autour des sources thermales naturelles, des noyaux de vie se sont développés afin d’assurer le gîte et le couvert pour  les visiteurs et les baigneurs. C’est, en quelque sorte, le début de l’ ‘’industrie touristique’’ que l’on retrouve dans certaines villes algériennes. Au cours des années 1970, l’Etat a pu intervenir sur certains sites pour les valoriser au vu des flux de visiteurs qu’ils reçoivent. Des hôtels, des prestations et des services médicaux y ont été crées. Hammam Bouhnifia, Hammam Rabbi, Hammam Bou Hadjar, Hamma Salihine, H. Meskhoutine, H. Guergour,…sont les exemples de ces sources thermales où des investissements publics ont été réalisés. Par la suite, des promoteurs privés ont pu intervenir à leur tour pour compléter et affiner les prestations.
Cependant, parallèlement à ces sites pris en charge de façon plus ou moins correcte, d’autres sites et non des moindres continuent à coltiner un destin peu enviable, réduits qu’ils sont à une situation de source sauvage que seuls les riverains connaissent, admirent et parfois mythifient.
Il en est ainsi de la source thermale de Hammam Sidi Yahia, située presque à la jonction de l’oued Bousellam avec la Soummam, en face de la ville d’Akbou. À partir de la RN 26, la vue est fermée par la pain de sucre haut de ses 431 mètres d’altitude. Au-delà de la route et du chemin de fer, un autre rideau rocheux se dresse devant les yeux ; c’est le mont Gueldamane trônant à plus de 800 mètres d’altitude. Sur ses flancs, est accroché le village de Mine réduit actuellement en ruines. Pour se rendre derrière cette crête en lame, là où se terre la fameuse source, il faut faire un long détour par lequel on enjambe la RN 26 à la sortie d’Akbou pour se rendre sur le cours de Bousellam. La station thermale est située face à l’un des méandres les plus aigus de l’oued, au pied des monts Azrou n’Sidi Yahia et Azerou n’Ath Saïd.
La relief tourmenté à ce niveau de la confluence des cours d’eau donne aux rivages et aux berges un aspect fortement encaissé. Dans les recoins ombragés, des bus, fourgons et autres transports clandestins sont stationnés. Ils ont déversé leur clientèle de bon matin. Les visiteurs viennent de partout même si l’infrastructure demeure rudimentaire, à commencer par le site abritant le bassin. L’eau dont la chaleur paraît insupportable au premier contact sort d’une source souterraine qui a été aménagée depuis longtemps en bassin. C’est sur ce dernier qu’une chambre (salle de bain) a été érigée sous forme de guérite. À tour de rôle, se succèdent femmes et hommes pour prendre un bain chaud et faire des prières pour le bonheur des proches. L’endroit est visiblement étroit. Dix personnes tiennent difficilement dans la bicoque, et c’est pourquoi le temps imparti à chaque équipe qui entre pour se baigner est souvent limité.
Le seul regret est que cette manne jaillissant des entrailles de la terre et à laquelle les populations accordent un pouvoir curatif extraordinaire pour plusieurs maladies dermiques, cardiovasculaires,…etc., n’ait pas l’infrastructure suffisante ni les équipements appropriés qui ferait d’elle plus qu’un foyer curatif, un site touristique confirmé, à plus forte raison lorsqu’on sait qu’à quelques hectomètres d’ici, un beau lac- le barrage de Tichy Haf- fait miroiter le bleu azuré du ciel, le vert olive des bosquets  et les ocres falaises de l’oued. 
 

Amar Naït Messaoud
 
iguerifri@yahoo.fr

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