Tizi-Ouzou Les matériaux de construction / Le prix du ciment s’envole
Posté par ddkabylie le 8 mai 2010
Tizi-Ouzou Les matériaux de construction
Le prix du ciment s’envole
Les entrepreneurs et les constructeurs privés sont mis ces derniers temps, au ralenti. Les entreprises les plus vulnérables sont au bord de la faillite du fait de la flambée des matériaux de construction. Quant aux petits constructeurs privés et surtout les bénéficiaires de l’habitat rurale le rêve d’achever leur logement et d’en finir avec la précarité semble hors d’atteinte et le rêve de posséder un toit décent devient tout simplement un mirage. En effet depuis plusieurs mois, le prix du ciment dépasse l’imaginable. Un quintal de ciment culmine à 1 600 DA ! Déjà à 800 DA le quintal, son prix est jugé excessif allant du simple au double. Cela devient insupportable. Les conséquences sont désastreuses sur toute l’économie nationale et freine la réalisation du million de logements prévus dans le programme du président de la République. De leur côté, les bénéficiaires de l’aide à l’habitat rural, puisque c’est la formule la plus répandue dans notre wilaya, peinent à concrétiser leur appartements et vivent un calvaire quotidien et ce merveilleux projet d’avoir son propre logement se transforme en cauchemar. Les mois passent les années passent et leurs maison ne se dessine même pas. Ils demeurent toujours dans leurs taudis ou dans leurs baraques, vivant dans des conditions précaires, semblables à celles du siècle dernier. Dernièrement, un élu local de la commune de Maâtkas, nous raconta le drame de plusieurs familles dans sa commune. Sortant d’une réunion afin d’enquêtes sur l’attribution de 8 logement sociaux, cet élu n’a pas pu s’empêcher de pleurer. Car avait-il dit “des Algériens vivent encore dans des cabanes sons toit et sans aucune commodité.” C’est dire qu’à Maâtkas la crise du logement est aiguë. La cherté des matériaux de construction complique davantage la situation.
Les prix en hausse et certains produits se font rare
A commencer par le ciment qui frise les 1 600 DA et qui se fait rare par moment. Le sable se vent à 11 000 DA le camion de 10 tonnes. Le sable lavé c’est presque le double : 20 000 DA. La brique rouge, elle se stabilisa autour de 17 DA l’unité. L’acier de diamètre 6 est écoulé à 8 000 dinars le quintal. Celui de diamètre 8 et 14 est en moyenne proposé à 7 500 DA le quintal évidemment. Quant au madrier de coffrage, il fait 260 DA le mètre c’est dire plus de 1000 DA pour un seul bastin. Tout cela confirme malheureusement les déclarations des bénéficiaires de l’habitat rural, qui ne reçoivent, une fois le logement, c’est encore une autre affaire, que la maigre somme de 70 million de centimes en trois tranches bien sûr.
Toute une procédure et tout un travail pour demeurer dans la précarité
Il n’est pas facile d’obtenir le OK pour l’obtention de l’aide à l’habitat rural. Il y a un énorme dossier à fournir et cela décourage plusieurs citoyens et finissent par renoncer précocement. Pour obtenir le certificat de possession, il faut attendre au minimum trois mois et de bourser 1 500 DA et les frais de l’APC qui s’élèvent à 1 700 DA et pour couronner le tout, il faut attendre le feu vert et lancer les premiers travaux allant jusqu’au chaînage de bases, une chose qui n’est pas à la portée des plus démunis.
Sachant pertinemment que le foncier à Maâtkas est accidenté, et que les travaux de terrassement consomment une grande partie de l’enveloppe que l’on nous accordera. Certains recourent à l’endettement pour arriver à la fin de la 1re étape pour toucher le 1re tranche de 140 000 DA. Une somme que plusieurs constructeurs ne voient pas, elle va directement au fournisseur qui ne restent jamais l’occasion de déplumer son client.
La 2e tranche n’est octroyée qu’une fois à la toiture, et le dernière une fois l’extérieur achevé. L’intérieur attendra le crépissage, la boiserie, les sols et la peinture.
Les bénéficiaires s’interrogent
Une grande partie des bénéficiaires à l’autoconstrution n’ont pas manqué de se demander pourquoi on leur accorde des aides pour construire et ou les bloque de l’autre côté en augmentant les prix des matériaux de construction.
Du côté de Mâatkas un bénéficiaire notera : “Inutile de vous dire que j’habite dans un bidonville lorsqu’on m’a donné l’OK. Petit à petit, ma joie s’est transformée en colère et en déception. Pour réaliser la plateforme, j’ai dû emprunter 19 millions et l’on ne m’a donné que 14. Pour arriver à la dalle, j’ai dû dépenser plus de 35 millions et je n’ai reçu que 28 et pour arriver à crépisser l’extérieur d’une seule façade j’ai mis 35 millions et je n’ai eu que 28 millions. Maintenant mes économies et celles de mon vieux sont épuisées. Mon logement n’est pas habitable. Il me faut au moins 50 millions pour les finissions, quant aux meubles, c’est une autre histoire.”
Un autre bénéficiaire avouera : “J’ai complètement abandonné. C’est trop cher. Les matériaux de construction et la main-d’œuvre reviennent trop chers. Ce n’est pas avec 70 millions que l’on va habiter. Aucun entrepreneur ne voudra vous construire un logement avec 70 millions. Une preuve qui dénote que cette aide est en deçà de la réalité.”
En définitif la crise du logement n’est pas prête de s’estomper. Pour ce faire, la stabilité des prix et leur, “abordabilité” est une condition.
On dit que lorsque “le bâtiment va, tout va” chez nous le bâtiment freine et tout le pays avec.
Hocine Taïb


