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    ddkabylie

Quelques chiffres sur l’enseignement, de tamazight à Tizi-Ouzou

Posté par ddkabylie le 20 avril 2010

Quelques chiffres sur l’enseignement, de tamazight à Tizi-Ouzou

- Nombre de primaires pourvus de tamazight : 504 sur 562 écoles de co-wilaya.
- Nombre de CEM : 120 sur 168 de la wilaya enseignent tamazight.
- Le secondaire : 36 sur 56 enseignent tamazight.
- La wilaya de Tizi-Ouzou compte 558 enseignants en tamazight dont 118 vacataires. 221 enseignants exercent aux niveaux des primaires, 301 dans les CEM et 36 au lycée.

M. O. B.

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15 ans après son introduction dans le système éducatif

Posté par ddkabylie le 20 avril 2010

15 ans après son introduction dans le système éducatif
Tamazight di lakul et beaucoup reste à faire

Quinze années après son introduction dans le système éducatif national et ce, au prix d’un immense tribu payé par des militants des différentes générations, la langue amazighe ne trouve toujours pas la place qui devait être la sienne dans ce même système. En effet, cette langue pour laquelle a coulé beaucoup de sang dans un combat ininterrompue mené depuis l’indépendance notamment, n’est toujours pas enseignée dans toutes les écoles du pays, pis encore, son enseignement n’est pas généralisé en Kabylie même à Tizi-Ouzou à titre illustratif, elle n’est introduite que dans 36 lycées sur les 56 que compte la wilaya. Tamazight n’est pas enseignée dans des établissements scolaires des différents cycles à travers plusieurs communes telles  Aït Zikki, Aghrib et autres. C’est dire en somme que l’enseignement de la langue berbère n’est nullement une réussite jusqu’au jour d’aujourd’hui. Les raisons de cet échec ? Les professionnels en la matière parlent de manque d’une volonté dans l’application des circulaires émanant de la tutelle à savoir le ministère de l’Education. Des circulaires offrant à tamazight la place qui lui sied dans le système éducatif concernant notamment le volume horaire réservé à l’enseignement de cette langue. Abdellah Arkoub, inspecteur en enseignement de tamazight dans la wilaya de Tizi-Ouzou incombe la responsabilité de la situation actuelle à “certains directeurs qui affichent un mépris envers tamazight”. Le même inspecteur évoque également des entraves bureaucratiques et administratives qui font que l’enseignement de tamazight se fait d’une manière anarchique décourageant du fait les élèves et leur parents faut-il signaler, en effet, qu’un élève peut apprendre la langue amazighe dans le primaire et le CEM et en arrivant au lycée, il se peut fort bien qu’il ne trouvera cette matière dans le programme, et vice-versa, c’est-à-dire qu’un élève peut faire son cycle primaire et du collège sans tamazight  parce que le primaire et le CEM qu’il a fréquentés n’ont pas introduit la  langue maternelle dans leur programme, et au lycée il doit composer avec tamazight. Avouons que ce n’est nullement stimulant comme situation pour un élève ! Pourtant, la loi d’orientation sur l’éducation nationale stipule que “l’amazighité, en tant que langue, culture et patrimoine, est une composante intégrante de la personnalité nationale historique” et “qu’à ce titre, elle doit bénéficier de toute l’attention et faire l’objet de promotion et d’enrichissement dans le cadre de la valorisation de la culture nationale”. Tamazight ne bénéficie pas encore de tant d’attention justement, nécessaire pour sa promotion. Par M. Arkoub Abdellah,  tamazight et l’affaire de tous et non seulement des enseignants “tous le monde, y compris les politiques, doivent accompagner tamazight dans son évolution”, dit-il. 

M. O. B.
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Entretien avec Massin Ferkal, président de Tamazgha

Posté par ddkabylie le 20 avril 2010

Entretien avec Massin Ferkal, président de Tamazgha
« La Kabylie a besoin de ses enfants vivants ! »

Sollicité pour nous faire un compte-rendu du rassemblement tenu, le 18 avril à Paris, à l’occasion de la célébration du double anniversaire du Printemps amazigh et du Printemps noir, Massin Ferkal, a bien voulu répondre à nos questions. Ecoutons-le.

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Arkoub Abdellah (inspecteur de l’enseignement de tamazight à Tizi-Ouzou)

Posté par ddkabylie le 20 avril 2010

Arkoub Abdellah (inspecteur de l’enseignement de tamazight à Tizi-Ouzou)
“Je lance un appel aux autorités afin d’honorer les engagements de l’Etat”

M. Arkoub Abdellah, inspecteur de l’enseignement tamazight à Tizi-Ouzou estime que l’enseignement de la langue berbère n’a pas encore atteint le point escompté.

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Brahim Tazaghart

Posté par ddkabylie le 20 avril 2010

 

Brahim Tazaghart
“Nous devons inventer d’autres façons de faire, d’autres méthodes de lutte”

Brahim Tazghart est l’un des rares militants de la question amazighe à s’être soustrait à la militance anachronique. A chaque phase du combat, il insuffle l’énergie et l’intelligence qu’il juge idoine pour faire aboutir tamazight, langue et culture. Depuis quelques années, il a  investi le terrain de la production littéraire et celui du monde de l’édition. Avec d’autres intellectuels, il s’apprête, ce printemps-ci,  » à élaborer  et dans la liberté, un projet pour le développement de la langue amazighe « . Il nous en parle dans cet entretien.  

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Célébration du 30e anniversaire de Tafsut Imazighen

Posté par ddkabylie le 20 avril 2010

Célébration du 30e anniversaire de Tafsut Imazighen
L’heure des bilans pour le combat identitaire

Au-delà  des festivités folkloriques commémoratives du  30e anniversaire du Printemps berbère, l’heure est au bilan. Une halte doit être observée pour  regarder de face le cheminement du combat identitaire. Obligatoire et surtout urgent, cette “pause”  permettra aux uns et aux autres de faire leurs mea culpa, tenter de comprendre pourquoi cette lutte menés de main forte par des militants sincères,  engagés pour la promotion de la culture berbère, est aujourd’hui “otage” d’une vision réductrice de “certains” qui ont accaparé le combat de toute une région. Il est dans ce sillage, sidérant, de constater l’étendue des  ratages qui risque malheureusement d’entraîner le “combat”  vers les profondeurs de la médiocrité, de ramener le débat vers son plus bas niveau. Aujourd’hui, la matrices identitaire que constitue cet ensemble pour lequel des générations entière ont donné le meilleur dans un contexte politique marqué par des restriction et d’interdits, doit se libérer de tous ces autoproclamés qui commercialisent ce label qu’est le combat identitaire  pour engranger des dévidendes . A commencer par tous ces “chantres” de la causes parmi les cadres politiques de la région assimilables aux commerçant clandestins pliant à bagage, à chaque fois, pour “s’installer” dans un autre coin, plus rentable, guettant l’arrivée de la bonne saison pour fructifier leur fonds de commerce. Un fonds qui d’ailleurs constitue le véritable fer de lance aux différentes OPA lancées pour la conquête du “bon” marché que constitue la Kabylie sur le terrain poltique national. C’est ainsi que le combat fut, durant des années, prisonnier des sauts d’humeurs de cadres politiques, des prétentions des uns et des calculs mesquins des autres, le tout sur le dos d’une population qui y a cru sincèrement. Il est vrai que l’engagement des citoyens de la Kabylie dans cette lutte qui ne peut, bien sûr, être cernés dans le seul “périmètre” kabyle car les revendications dépassaient le cadre identitaire pour exiger plus de liberté et de démocratie pour tout le pays, a été le moins que l’on puisse dire extraordinaire. On se souvient de toutes ces révoltes qui marquent à jamais le combat d’une région contre la répression, le déni identitaire et les violations des droits de l’Homme. Cet engagement sans faille et inconditionnel a certes fini par engranger des acquis, la langue tamazighte bénéficie du statut de langue nationale, afficher sa berbérité en plein centre d’Alger n’est guère un délit passible de peine et de répression, la culture se dote d’une chaîne d’expression amazighe…est-ce à dire que le combat s’arrêtera là ? Certainement pas, surtout au regard de ce qui reste à faire pour une véritable prise en charge de la culture berbère, à commencer par l’officialisation de la langue tamazighte et l’obligation de son enseignement à l’école. Cependant, 30 ans après Mammeri et les événements de Tafsut Imazighen qui n’avait rien à envier, en terme de fonds de revendication et de mobilisation citoyenne au printemps de Prague ou aux manifestations de Mai 68, la revendication identitaire n’émane plus des cercles partisans. La “rue” au terme de conscience collective n’est plus à l’écoute des déclarations de X ou Y partis politiques qui jadis animaient le paysage des printemps qui se succédaient. Celui de cette année marque justement cette rupture. Cette dernière  tend à s’organiser à présent autour des universitaires qui tentent justement de replacer le débat autour de l’aspect scientifique. C’est à travers “l’inventaire”  qui devra être fait par la nouvelle génération de militants chercheurs loin de la folklorisation “endémique” et  des tentatives de récupération partisanes que le renouveau du combat identitaire devra se restructurer. La célébration du Printemps berbère de cette année se fera donc sous le signe d’abords du recueillement mais surtout des bilans. La Kabylie n’oublie jamais ses martyrs, elle se tourne vers l’avenir, celui du combat identitaire est tributaire de la persévérance et de la sincérité de la  nouvelle génération de militants résolument convaincus que seule la lutte paye.

O.  Z.

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Abdesselam Abdenour, écrivain et chercheur :

Posté par ddkabylie le 20 avril 2010

Abdesselam Abdenour, écrivain et chercheur :
“Plus jamais personne n’entraînera la Kabylie dans une quelconque aventure”

Sans ambages et avec son habituel franc-parler, Abdeslam Abdenour, écrivain et chercheur, a répondu aux questions de la Dépêche de Kabylie. Nous reviendrons avec lui sur le contexte de la célébration du 30e anniversaire du Printemps berbère, des acquis mais surtout des perspectives qui se présentent.  M. Abdesselam s’est également prononcé sur des questions d’actualité à l’image de la publication prochaine d’un livre sur le colonel Amirouche mais aussi nous donne son point de vue par rapport au combat identitaire au Maroc à travers une intéressante comparaison des deux systèmes d’enseignement de la langue amazighe.

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Mme Lhadj Ouardia Une femme d’exception

Posté par ddkabylie le 20 avril 2010

Elle était née un 19 avril et elle nous a quittés il y a moins d’un ans
Mme Lhadj Ouardia Une femme d’exception

Tous ceux qui l’ont connu vous le dirons : c’était une vraie battante ! En cette date symbolique du 20 avril et des deux printemps de Kabylie, le devoir de mémoire nous interpelle pour rendre l’hommage qu’il se doit à l’infatigable militante de l’amazighité qu’était Mme Lhadj Ouardia, née Chettouhi. Ayant vu le jour un certain 19 avril, Mme Lhadj a consacré toute sa vie à ses engagements militants et à ses responsabilités professionnelles, avant de s’éteindre, discrètement, il y a moins d’une année, après avoir longuement et courageusement lutté contre la grave maladie qui l’a rangée et qui l’a ravi aux siens à l’âge de 55 ans. Son militantisme invétéré, ses initiatives culturelles et artistiques et ses dons artistiques ont fait d’elle une femme hors pair, jouissant du respect de tous, y compris de ceux qui ne le connaissent que de nom. Aujourd’hui, son mari, son fils et ses cinq filles se battent pour que le souvenir de cette femme exceptionnelle puisse rayonner. Une femme que même ceux qui l’ont connue de loin continuent à remercier pour tout, surtout pour ce qu’elle a fait pour eux.

 Ahmed B.

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“L’enseignement de tamazight bat toujours de l’aile”

Posté par ddkabylie le 20 avril 2010

Dans un écrit au ministre de l’Education nationale, le député Ali Brahimi est formel :
“L’enseignement de tamazight bat toujours de l’aile”

Les préoccupations des citoyens au sujet de l’enseignement de tamazight dans les écoles ont incité Ali Brahimi, député de la circonscription de Bouira, à saisir, dans une question écrite, le ministre de l’Education nationale sur le fait que l’enseignement de cette langue maternelle d’une grande partie d’Algériens ne cesse d’être ballotté, depuis son institionnalisation, entre plus ou moins d’élèves au gré des campagnes de dissuassion-intimidation de certains préposés spécialisés dans son sabotage, plus ou moins de postes budgétaires plus ou moins de classes et d’écoles.
C’est ainsi que cet élu du peuple et rappellera que cet enseignement entamé, il y a une quinzaine d’années, dans seize wilayas, dans des proportions spatiales et luminaires inégales, ne cesse de voir son territoire se rétrécir malgré les fortes communautés berbérophones à Oran, Illizi, El Bayedh et Tipasa lesquelles ont été sevrées de leur droit à leur langue autochtone tout en affirmant que Biskra et Ghardaïa n’en bénéficient plus depuis l’année dernière, Tamanrasset est sur le point de subir le même sort et enfin à Batna, l’enseignement de tamazight a été abandonné en 2001 avant d’être repris en 2005. Ainsi donc, cet enseignement n’est dispensé aujourd’hui que dans une dizaine de wilayas au profit d’un peu plus de deux cents mille élèves dont 96% se trouvent dans les trois wilayas de Tizi-Ouzou, Bouira et Béjaïa alors que dans les autres wilayas de la Kabylie telles que Boumerdès, il est relégué vers quelques zones rurales et à Bordj Bou-Arréridj, il est totalement inexistant.
Dans le même ordre d’idées, il déplore que  seulement trois quarts du millier d’enseignants en tamazight soient du niveau de la licence et qu’une grande partie est constituée de reconvertis, formule refusée par la Fonction publique dans les wilayas de Khenchela et Oum El Bouaghi, privant les élèves de ces wilayas de cet enseignement.
De ce qui précède, Ali Brahimi conclut que les pouvoirs publics ne semblent pas posséder de plan de développement de l’enseignement de tamazight et le ministère de l’Education ne possède aucune stratégie ou plan permanent de recyclage-perfectionnement sur le court, moyen et long terme, spécifique aux enseignants de tamazight ou à l’enseignement de la langue maternelle. D’ailleurs, la formation d’enseignants en tamazight par l’ex-ITE de Ben Aknoun consent une part dérisoire au volume horaire de cette langue et les stagiaires ne reçoivent aucun enseignement sur l’anthropologie, la préhistoire, l’histoire antique ou la civilisation qui sous-tendent la langue dont ils ont la charge. Il reproche aussi à l’Ecole normale supérieure, réglementairement requise depuis 2002 en vue de l’ouverture d’une filière de tamazight pour former des enseignants du cycle secondaire, de ne pas présenter de fiche de vœux de cette discipline à ses nouvelles recrues. En un mot, en matière d’enseignement de tamazight, les ministères de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur évoluent dans des dimensions strictement parallèles.
Le diagnostic de Ali Brahimi est plus qu’alarmant et ses interrogations sont des questions lancinantes qui taraudent quotidiennement les enseignants et apprenants de tamazight en plus des citoyens et militants de cette cette cause ô combien légitime, comme il tiendra à le souligner dans son écrit. C’est ainsi qu’il conclura par une série de questionnements notamment sur la possibilité du ministre de réitérer la volonté politique du gouvernement et de l’Etat de mener à son terme le processus de réhabilitation de l’identité et de la langue amazighe alors qu’aujourd’hui, on fait face au non-élargissement de l’enseignement de tamazight à la totalité du territoire linguistique de la Kabylie et à son abandon continu hors de cette région.

A. Gana

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Rabah Bellaouane, protagoniste du Printemps berbère

Posté par ddkabylie le 20 avril 2010

 

Rabah Bellaouane, protagoniste du Printemps berbère
“Toute la dynamique actuelle se nourrit du Printemps berbère”

La Dépêche de Kabylie : Dans quel contexte est né le Printemps berbère, selon vous ?
Rabah Bellaouane : A vrai dire, plusieurs éléments sont entrés en jeu, le Printemps 1980 est intervenu dans un contexte singulier avec la main mise du parti unique sur l’appareil de l’Etat, ce dernier a révélé dans sa composante culturelle, politique et idéologique des agissements radicaux, avec un mélange de nationalisme, d’arabisation et d’islamisme le tout parsemé d’un Etat policier, il n’y avait pas de diversité culturelle, les Berbères étaient marginalisés, et les intellectuels de l’époque étaient surveillés, les apparatchiks du parti unique ont totalement omis et sous-estimé l’amazighité. Face à ces pratiques, le mouvement a commencé à prendre forme, les protagonistes, les militants et les étudiants commençaient à se mobiliser, et je tiens en cette occasion à rendre un hommage à la première victime du Printemps noir, le jeune Kamal Amzal, étudiant de vingt ans qui a été assassiné non pas par des étudiants mais par des terroristes, et je trouve scandaleux que ses assassins soient jugés lors d’un procès expéditif.
Le printemps est venu bouleverser la façade et l’anti-chambre du FLN, et à aucun moment, une voix politique ne s’est soulevée pour soutenir les revendications populaires et non partisanes d’un peuple complètement marginalisé. Et je tiens à préciser que le Printemps 1980 était un mouvement pacifique. Autre chose, on a souvent tendance à oublier une date-clé, la marche du 7 avril et il fallait avoir le culot d’aller affronter la présidence et je me rappelle à l’époque qui un jeune s’est fait écrasé par un fourgon de police. Et je le redis encore, c’est toute la société civile qui s’est soulevée.

Justement aujourd’hui, plusieurs protagonistes font dans la subjectivité et détournent le Printemps berbère à des fins politiques à travers des livres, …
Chaque personne est libre d’écrire un livre, ça fait plaisir et c’est un enrichissement de plus, néanmoins, ce n’est pas aux protagonistes d’écrire l’histoire, ni encore moins les hommes politiques, mais c’est aux historiens. Il est vrai qu’un mouvement se constitue d’une élite intellectuelle et culturelle, mais les citoyens ont joué un rôle clé, c’est cette mobilisation qui a fait chambouler le climat qui régnait à l’époque, et ce n’est pas à moi ou une autre personne de s’autoprocurer cet événement.

Aujourd’hui, la jeune génération est-elle suffisamment armée pour porter le combat ?
Je pense que la jeune génération est assez consciente, on a besoin d’une dynamique pacifique, notamment la mobilisation des universitaires et les intellectuels, aujourd’hui, heureusement la Kabylie continue de marcher pacifiquement afin de ne pas laisser mourir les revendications de 80, le combat est de jour d’actualité notamment en Kabylie, une région qui est malheureusement marginalisée, elle ne mérite pas d’être punie comme ça, la Kabylie ne veut guère abdiquer et c’est un signe fort de la part de ses citoyens.

Aujourd’hui la Kabylie est totalement délaissée par l’Etat. Quelle lecture en faites-vous ?
Effectivement, on constate une inertie en Kabylie sur tous les plans, culturel, économique et social, la région est totalement délaissée, pas d’investissements à l’horizon alors que d’autres régions bénéficient de subventions importantes, c’est ce qu’on appelle la centralisation, il est urgent que l’Etat intervienne il faut donner les moyens à la région, réanimer le mouvement culturel au sein des universités, car la région est soumise à une véritable économie de bazar, mais les citoyens fort heureusement n’ont pas baissé les bras, et je cite à titre d’exemple la forte mobilisation ces derniers jours afin de libérer  l’otage à Boghni, c’est une véritable démonstration de solidarité et un  message fort à l’adresse des autorités. On constate aussi un taux très élevé de chômage, le suicide qui a atteint des proportions alarmantes, l’Etat doit intervenir. La Kabylie a besoin d’un plan spécial, car elle est pauvre et l’organisation est morte, malheureusement, on a tout fait pour tuer le développement de la culture dans cette région.

Revenons-en au Printemps berbère. Ne pensez-vous pas que ces événements ont été le véritable déclic pour d’autres causes ?
Evidemment, c’est à partir de cette date que les choses ont commencé à bouger, les langues se sont déliées et les opinions se sont exprimées en dénonçant publiquement la faillite du système, et Octobre 88 en est la preuve, mais des mouvements ont aussi profité pour élargir leurs réseaux. Le pluralisme et le multipartisme ne sont pas venus comme ça, c’est un long combat qui a débuté en 1980 et qui continue encore, l’Algérie a payé un lourd tribut avec la mobilisation de toutes ses forces.

Comment analysez-vous le mouvement citoyen aujourd’hui ?
Je constate que le mouvement est de plus en plus axé dans la rue, je prend l’exemple de la Kabylie qui revendique la décentralisation du pouvoir vers les collectivités, il est temps de libérer les énergies et les marches ainsi que les différentes manifestation pacifiques qui sont tenues à travers la Kabylie. C’est un mouvement solide qui continue encore sa lutte, et aujourd’hui, il est temps de revisiter le Printemps 80, c’est l’une des solutions pour porter le pays vers un développement culturel, économique ainsi qu’un épanouissement social. Pourquoi craint-on autant la culture qui est la base de tout développement, la force du mouvement doit demeure dans la lutte pacifique, il ne faut pas sombrer dans la violence, la Kabylie a assez payé et je me doit de m’incliner à la mémoire des personnes décédées durant le Printemps noir, ainsi que des amis à moi qui n’ont pas eu la chance de vivre pour constater les changement notamment l’enseignement de tamazight à l’école. Néanmoins, je regrette une chose, c’est la politisation du mouvement aujourd’hui, la récupération politique ne doit pas exister, car le mouvement appartiens au peuple, le Printemps 80 était le déclic vers la démocratie et on devrait s’en inspirer, Avril 80 n’est pas mort et toute la dynamique actuelle se nourrit du Printemps berbère. 

Pouvez-vous nous raconter les faits à l’époque ? 
Il me faut un bouquin pour relater tous les faits. A l’époque, on avait vraiment des convictions, c’est cette force qui nous guidait pour affronter tous les obstacles et traverser un chemin épineux et parsemé d’embûches. J’était dans la liste des 24 personnes emprisonnées, on a galéré, on s’organisait dans des troupes théâtrales pour nous exprimer, lorsque l’un de nous commencea à se décourager, on lui procura tout de suite de l’assurance, c’était notre force, cette solidarité qui nous habitait, évidemment, les intellectuels ont joué leur rôle, je tiens à vous dire que même des personnes qui n’étaient pas Kabyles se sont jointes à notre cause. Je suis Algérois, mais j’ai des origines kabyles que je ne peux renier, quelque chose nous manquait, cette liberté indispensable pour l’être humain, mais nos revendications se heurtaient à divers obstacles, mais à force de lutter, on a pu arracher des victoires, et une chose est sûre, Avril 80 a été le chemin vers la démocratie, mais la route est encore longue et la lutte pacifique doit continuer au sein du peuple, car c’est là que la cause puise sa force.

Entretien réalisé par Hacène Merbouti

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